Albert en Afrique du Sud

J'étais en Afrique du Sud pour enquêter sur le Black Economic Empowerment, une ambitieuse réforme qui a forcé les plus importantes multinationales à partager le quart de leur capital-actions avec les Noirs. Vous pouvez m'écrire (charles-albert.ramsay a transcontinental point ca) ou m'appeler (078-252-6928).

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Emplacement : Montréal, Canada

Economics professor at Kiuna Institution and Dawson College, Quebec, Canada.

lundi, février 26

La famille Naidoo-Pagé me reçoit


Grande leçon d'humilité. J'étais très énervé de savoir que Jay Naidoo et sa femme, la journaliste Québécoise Lucie Pagé, me recevaient à souper. Très gentils, ils m'ont fait une place malgré des horaires surchargés et survoltés.

Faut savoir que Jay et Lucie forment le couple sud-africain le plus connu au Québec, (peut-être après l'ancienne union de Winnie et Nelson Mandela). Les livres de Lucie Pagé se vendent comme des petits pains chauds, autant pour leurs informations historiques pointues (elle était correspondante pour SRC pendant 10 ans), que les péripéties émotives de sa famille.

De surcroît, en Afrique du Sud, Jay Naidoo est connu comme Barabas dans la Passion. Partout, des Townships aux quartiers huppés hyper sécurisés, son nom résonne dans les esprits. Ancien militant socialiste, devenu ministre et maintenant capital-risqueur aguerri, il a toujours oeuvré au bien-être du pays.

En revenant à ma chambre, après mon souper très sympathique avec Jay Naidoo et Lucie Pagé, un petit furetage m'apprend que M. Naidoo a été nommé, cet automne, Chevalier de la Légion d'Honneur de la France. Et vlan, l'humilité qui me frappe encore.

Bien sûr, malgré tout le respect que j'ai pour lui, il fallait faire le boulot. J'ai dû faire l'avocat du diable pour savoir si la réforme du Black Economic Empowerment en a valu la peine. (Le BEE force les compagnies a décliner 25 % de leur capital-actions à des investisseurs noirs. C'est la plus ambitieuse réforme de 'déracialisation' de l'économie de l'histoire de l'humanité.)

Bien sûr, il a défendu les mérites du BEE, tout en étant critique des excès qui ont été malheureusement la conséquence d'une planification... disons maladroite. Il est l'un des architectes du BEE, ayant été ministre sans portfolio responsable de la Reconstruction et du Programme de développement, sous Mandela. Et maintenant, il a les deux pieds dedans, étant actionnaire-fondateur du Jay & Jay Group, une firme de capital de risque privée.

Somme toute, il croit que le BEE est nécessaire, mais pas suffisant, pour éliminer les écarts de richesse entre Blancs et Noirs... Plus de détails dans mon reportage dans le Journal Les Affaires (plogue sans vergogne!), à paraître ce printemps.

À Lucie Pagé et Jay Naidoo, merci encore pour votre accueil.

À Kami et Shanti, (les enfants de Pagé et Naidoo) qui ne comprennent pas exactement pourquoi un journaliste viendrait de Montréal pour parler à vos parents, prenez-soin d'eux.